Un diabète insulino-dépendant se déclare en guise de cadeau d’anniversaire pour mes trente ans. Une hospitalisation d’urgence, une perte de poids de douze kilos, une très grande fatigue (asthénie), et une soif intense, s’en suit une hospitalisation d’urgence, avec une glycémie à jeun à 8 g/l, sachant qu’à ce stade les lésions peuvent être irréversibles. Une nouvelle vie commençait alors avec un protocole de quatre injections par jour à gérer, un horizon social et économique sombre, engendrant la perte de mon emploi suite à l’inadéquation de celui-ci avec la maladie. Pour 10% des diabétiques de type 1, une reconversion professionnelle est nécessaire.
En guise de cerise sur le gâteau, voici une anecdote : Après une semaine d’hospitalisation et le nouveau challenge à digérer, une soignante me pose la question : « Comment allez-vous Fabrice » ?
Je réponds : « très bien, je suis près pour accomplir un marathon » « Ne rêvez pas Fabrice vous ne pourrez jamais courir plus de 2 kilomètres ». En cette semaine de février 1996, un homme commence une vie nouvelle, déterminé à se lancer pas à pas sur un autre chemin. Mon premier pas, c’était en 1997, suivi de la première foulée, les premières courses, le premier Marathon, rien n’était acquis.
SDPO au côté de Fabrice dans le DEFI 515
5 MARATHONS * 1 DIABETIQUE * 5 CONTINENTS
D détermination * E enthousiasme * F force * I implication Age : 43 ans Profil : Passionné, Volontaire, Esprit de compétition. Signe particulier : Diabétique insulinodépendant (type 1) Protocole : 4 injections/jour Fil rouge : Un chemin à suivre le défi 515 Philosophie : Pas de différence No différence Entrainement : 2600 km/an Diététique : Apport nutritionnel 250 bio gels PUNCH POWER/an
Détermination et enthousiasme
« Contraintes » est le mot le plus représentatif pour parler du diabète. « Logistique » serait le deuxième terme le plus approprié. En permanence, je dois évoluer dans la vie de tous les jours, avec mon kit de soins : testeur, aiguilles, insuline, sucres. Deux jours sans insuline serait m’exposer à de sérieuses complications. L’apprentissage de la course à pied fût au début laborieux : trouver l’équipement adéquat, m’alimenter en courant, tester mes glycémies. Petit à petit, une fois ces étapes maitrisées, d’autres horizons se profilaient : voyages à l’étranger avec leurs contraintes précitées, et toujours une véritable part d’inconnu : comment supporter la fatigue, les conditions climatiques ; comment se ravitailler pendant la course ; autant d’interrogations qui suscitent l’apprentissage d’une nouvelle vie.
Certainement un chemin à suivre. Avant tout, les bienfaits de la course à pied reconnus à titre thérapeutique pour l’équilibre de cette singularité (handicap).Bienfaits également psychologiques : la possibilité d’évacuer cette sournoise différence. Dans l’émulation engendrée par le sport, je recherche ma thérapie : un travail audacieux mais tellement gratifiant, que je ne peux m’empêcher de vous y associer. Un gain d’humilité une fois la ligne d’arrivée franchie, un pied de nez au diabète, sachant que d’autres combats seront à mener. Loin des turpitudes du quotidien, savoir accepter ces rares mains tendues, bien plus enrichissantes que la peur et l’indifférence. C’est avec détermination, enthousiasme, force et envie que je désire vous faire partager ce projet pour qu’il devienne réalité.
Foulées du Yunnan 2006
Injection d’insuline
Test de glycémie, à pratiquer avant et après chaque repas, et plusieurs fois pendant un effort intensif
Bandelettes, lecteur de glycémie, stylo de prélèvement sanguin